Hausse de 128 % des mises en chantier résidentielles à Laval en 2025
Laval se distingue par la solidité de ses indicateurs et par la vigueur de son activité immobilière.
Le pire est-il derrière nous? Depuis 2024, les postes vacants à Laval ont considérablement diminué par rapport aux sommets atteints durant la pandémie. On respire. Mais les entreprises lavalloises auraient tort de se laisser bercer par cette accalmie. Les conditions structurelles d’une nouvelle tension sur le marché du travail sont déjà en train de se mettre en place – et mieux vaut le savoir maintenant.
Laval, c’est plus de 461 000 habitants, près de 13 700 établissements d’affaires et un accès à un bassin de 260 000 travailleurs sur son territoire – et à 2,4 millions à l’échelle du Grand Montréal. En 2025, on dénombre 242 800 Lavallois en emploi et 166 000 emplois sur le territoire.
Ce décalage entre les deux chiffres n’est pas anodin : 7 Lavallois sur 10 quittent l’île pour aller travailler, que ce soit à Montréal, sur la Rive-Nord ou ailleurs. Laval est donc à la fois une ville d’employeurs et une ville de travailleurs en déplacement. Pour les entreprises établies ici, cette réalité signifie qu’elles sont en compétition directe avec les bassins d’emploi voisins pour attirer et retenir leurs travailleurs.
Par ailleurs, l’économie lavalloise est particulièrement intensive en services – commerce, soins de santé, restauration, services professionnels – ce qui exerce une pression plus forte et plus constante sur la demande de main-d’œuvre que dans des régions à prédominance industrielle.
Le souvenir est encore frais. Pendant près de 18 mois, Laval a enregistré quelque 10 000 postes vacants simultanément. Les entreprises peinaient à recruter, les délais s’allongeaient, les projets ralentissaient. Certains secteurs – soins de santé, fabrication, restauration, manufacturier – ont vécu cette période comme une véritable crise opérationnelle.
Depuis le deuxième trimestre de 2024, le nombre de postes vacants est redescendu à des niveaux plus modestes, oscillant généralement entre 4 000 et 5 000. Une amélioration réelle – mais qui mérite d’être nuancée.
Cette baisse ne reflète pas uniquement des postes qui ont été pourvus. Dans un contexte économique plus incertain, plusieurs entreprises ont simplement mis leurs besoins de recrutement en veille, reportant [EV6.1]des embauches prévues à plus tard. Ce n’est pas une guérison du marché du travail : c’est un ralentissement de la demande. La pression latente demeure.
Même en période d’accalmie, certains secteurs lavallois affichent des taux de postes vacants qui interpellent. En 2025, plusieurs d’entre eux dépassaient le seuil de 5 % pendant au moins un trimestre :
Ces chiffres témoignent de manques structurels qui ne se résorbent pas avec le cycle économique. Selon les prévisions du gouvernement du Québec à l’horizon 2028, Laval compte déjà 42 professions en déficit et 151 en léger déficit — des ingénieurs civils aux travailleurs sociaux, en passant par les soudeurs, les pharmaciens et les cuisiniers.
La démographie ne ment pas. En 2021, les personnes de 65 ans et plus représentaient 18 % de la population lavalloise. D’ici 2051, cette proportion grimpera à 28 %. Laval est d’ailleurs connue pour son nombre élevé de résidences pour personnes âgées; ce vieillissement est donc particulièrement visible et concret sur son territoire.
Le taux de participation au marché du travail affiche déjà une tendance à la baisse. Les départs à la retraite s’accéléreront au cours de la prochaine décennie, retirant progressivement des dizaines de milliers de travailleurs expérimentés du marché.
Pendant plusieurs années, les flux d’immigration ont joué un rôle décisif pour atténuer la pénurie de main-d’œuvre au Québec. Laval, deuxième ville d’accueil de la province avec un taux de diversité de 31,5 %, en a particulièrement bénéficié.
Or, les gouvernements fédéral et provincial ont significativement resserré leurs politiques d’immigration depuis 2024. Les cibles ont été revues à la baisse, les délais de traitement s’allongent, et les programmes qui ciblaient spécifiquement les travailleurs étrangers ont été restreints.
C’est la conjonction de ces deux facteurs qui est préoccupante : on perd des travailleurs par les départs à la retraite, et on ne peut plus compter sur le même volume d’immigrants pour les remplacer. Le contexte structurel qui a engendré la pénurie de 2021-2022 est en train de se reconstituer — plus lentement, mais sûrement.
L’enjeu n’est pas de paniquer, mais d’anticiper. Les entreprises qui prennent des mesures proactives aujourd’hui seront nettement mieux positionnées lorsque les tensions reviendront sur le marché du travail. Quelques pistes concrètes :
Le marché du travail lavallois se porte bien aujourd’hui – et c’est précisément le bon moment pour agir. Les entreprises qui attendent les signaux d’urgence pour s’adapter auront moins de marge de manœuvre. Celles qui investissent maintenant dans leur attractivité, leur rétention et leur productivité traverseront la prochaine période de tension avec beaucoup plus de résilience.
Laval économique est là pour accompagner les entreprises lavalloises à chaque étape de cette adaptation.
Que ce soit en matière de ressources humaines, de productivité, de technologies ou d’innovation, nous offrons des formations concrètes et un accompagnement personnalisé adapté aux réalités des employeurs d’ici. Nous soutenons également les entreprises dans leurs démarches d’immigration économique, un levier encore disponible pour qui sait bien l’utiliser. Et chaque année, notre Rendez-vous RH rassemble la communauté d’affaires lavalloise autour des enjeux qui façonnent le marché du travail de demain.
Pour en savoir plus sur nos services et nos prochaines activités, contactez notre équipe.
Sources : Statistique Canada, Institut de la statistique du Québec (ISQ), Agence régionale de transport métropolitain (ARTM), gouvernement du Québec – données 2025 et Diagnostic pour 516 professions, édition 2024.