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La petite histoire d’une grande cité : 25 ans d’innovation à la Cité de la Biotech


Avant d’être un pôle d’affaires et d’innovation reconnu, la Cité de la Biotech a d’abord été une vision. Celle de bâtir à Laval un lieu où la science ne reste pas confinée aux laboratoires, mais qui devient un moteur économique, un levier d’innovation et un outil de transformation durable.

Vingt-cinq ans plus tard, cette vision s’est imposée. La Cité de la Biotech est aujourd’hui un pôle stratégique majeur du Québec en sciences de la vie et technologies de la santé – un écosystème où se rencontrent recherche, entrepreneuriat, industrialisation et investissement.

Mais avant les infrastructures et les investissements, il y a eu des bâtisseurs.

L’héritage d’un pionnier

L’histoire de la Cité de la Biotech prend racine bien avant sa fondation officielle. Elle commence avec le Dr Armand Frappier, médecin, microbiologiste et pionnier de la recherche scientifique au Québec. En 1938, il fonde l’Institut de microbiologie et d’hygiène de l’Université de Montréal, à une époque où le Québec dépend encore largement de l’étranger pour ses vaccins et ses capacités de recherche biomédicale.

Visionnaire, Armand Frappier comprend très tôt que la science doit servir la société. Il développe au Québec une expertise de pointe en microbiologie, contribue à la production de vaccins, fait progresser la santé publique et forme plusieurs générations de scientifiques. Utilisant des espaces à Laval depuis quelques années, son institut s’y installe définitivement en 1963, posant les premières bases de ce qui deviendra, des décennies plus tard, la Cité de la Biotech.

Mais bien avant ce déménagement, Laval jouait déjà un rôle clé dans cette histoire. Dès le milieu des années 1950, l’Institut y exploite des installations spécialisées pour la production de vaccins, notamment contre la poliomyélite et la grippe. En 1955, un laboratoire est même construit sur le campus lavallois pour produire le vaccin Salk, alors que le Québec mène l’une de ses plus importantes campagnes de vaccination. À la fin des années 1950, des centaines de milliers de doses y sont déjà produites et distribuées.

Son héritage dépasse la science. Frappier lègue une conviction durable : la recherche n’a de pleine valeur que lorsqu’elle se traduit en impact concret.

De la vision au projet structurant

Cette idée devient projet structurant à la fin des années 1990, lorsque Laval choisit de faire des sciences de la vie et technologies de la santé un axe fort de son développement économique.

La création de la Cité de la Biotech repose alors sur une intuition simple, mais ambitieuse : rapprocher dans un même lieu la recherche, l’incubation et les entreprises pour accélérer l’innovation. Cette vision, portée par la Ville de Laval, Laval Technopole et l’INRS, donnera naissance en 2001 à un modèle encore rare au Québec : un écosystème intégré pensé pour transformer la science en valeur économique.

Ce positionnement ne relevait pas du hasard. Il reposait sur une certitude : dans une économie du savoir, les villes ou régions les plus performantes seraient ceux capables d’organiser la rencontre entre la recherche et l’industrie.

La Cité de la Biotech a été conçue exactement pour cela.

Du laboratoire à l’écosystème

Ce qui distingue la Cité de la Biotech depuis 25 ans, c’est sa capacité à faire plus qu’accueillir l’innovation : elle l’organise activement.

Autour de l’expertise scientifique déjà présente à Laval s’est progressivement structuré un véritable continuum de croissance : recherche appliquée, incubation, essais, commercialisation, production et expansion.

La création du CQIB, premier incubateur en biotechnologie au Canada, a joué un rôle déterminant dans cette trajectoire en permettant à de jeunes entreprises de croître plus vite, grâce à des laboratoires équipés et un accompagnement d’affaires. À proximité, l’INRS a consolidé le socle scientifique du pôle en formant une relève hautement qualifiée et en soutenant la recherche de pointe. Ensemble, ces institutions ont donné à la Cité un avantage rare : la capacité de faire circuler les idées, les talents et l’innovation plus rapidement qu’ailleurs.

De la recherche à des retombées concrètes

Au fil des décennies, cet écosystème n’a pas seulement généré de la recherche : il a contribué à faire émerger des innovations ayant un impact concret sur la santé à l’échelle mondiale. BioChem Pharma, fondée au Québec en 1986, a notamment marqué l’histoire de la biotechnologie avec le développement du 3TC, une molécule devenue un pilier des trithérapies contre le VIH.
Bio-K Plus, fondée à Laval en 1994 et incubée au CQIB, s’est imposée comme un chef de file en probiotiques cliniques en devenant la première formule probiotique reconnue par Santé Canada pour réduire le risque de diarrhée associée aux antibiotiques et d’infections à C. difficile chez les patients hospitalisés – une avancée qui a contribué à faire rayonner l’expertise lavalloise bien au-delà du Québec.

De la recherche biomédicale aux vaccins, des plateformes analytiques à la bioproduction, la Cité a contribué à faire de l’innovation scientifique un levier concret de santé publique.

Un pari devenu levier économique

En 25 ans, la Cité de la Biotech est passée d’une ambition territoriale à un actif stratégique pour le Québec.

Elle a attiré des entreprises de premier plan, soutenu l’émergence de champions locaux, contribué à structurer une masse critique en sciences de la vie et technologies de la santé et positionné Laval comme un point d’ancrage incontournable pour l’innovation biopharmaceutique et en technologie médicale.

L’arrivée de Moderna en 2023 en est sans doute le signal le plus fort. En choisissant Laval pour y établir sa première usine de fabrication de vaccins, l’entreprise a confirmé ce que 25 ans de développement avaient déjà démontré : la Cité de la Biotech n’est plus un pari. C’est un écosystème mature, crédible et stratégique.

Une vision qui continue de grandir

Vingt-cinq ans après sa fondation, et 5 milliards d’investissements1 plus tard, la Cité de la Biotech demeure fidèle à cette intuition de départ : faire de la recherche un moteur de croissance, de la science un actif stratégique et de l’innovation un projet collectif.

Quelques jalons marquants
  • 1938 : Armand Frappier fonde l’Institut
    Naissance du socle scientifique de la Cité
  • 1939 : Acquisition d’une ferme à Laval-des-Rapides par l’Institut
    Aménagement d’un laboratoire dans les années qui suivent
  • 1955 : Construction d’un laboratoire à Laval
    Production du vaccin contre la poliomyélite
  • 1963 : Installation définitive à Laval
    Le legs scientifique s’ancre sur le territoire
  • 1996 : Création du CQIB
    Premier incubateur en biotechnologie au Canada
  • 2001 : Naissance de la Cité de la Biotech
    Un pôle structuré entre science et affaires
  • 2002-2015 : Implantation d’ID Biomedical
    Implantation d’ID Biomedical qui sera acquise par GSK Vaccins et mènera à la création de Nexelis (IQVIA) et Biodextris
  • 2022 : Reconnaissance municipale officielle
    Adoption du nouveau Code de l’urbanisme de Laval reconnaissant la Cité de la Biotech comme pôle de biotechnologie et de recherche
  • 2023 : Arrivée de Moderna
    Laval choisie pour sa première usine de vaccins
  • 2026 : 25 ans d’impact
    Un actif stratégique pour le Québec

Découvrez la Cité de la Biotech d’aujourd’hui à travers cet article.

1 Selon le sondage annuel effectué auprès des entreprises

Sources :

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