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Réviser pendant des heures sans savoir si l’on maîtrise vraiment la matière. Rechercher une notion au milieu de centaines de pages de notes. Passer d’un outil à l’autre pour tenter de relier un concept à un autre. Se demander, au final, si l’on étudie de la bonne façon. Pour Yann Saah, ces frustrations faisaient partie du quotidien lorsqu’il était étudiant à l’Université de Montréal.
« Le meilleur moyen de se préparer à un examen, c’est de faire des examens, mais parfois on n’a pas suffisamment de ressources pour cela », explique le fondateur de Graspr.
À l’époque, Yann Saah est à la fois étudiant et tuteur. Cette double expérience lui permet d’observer les limites des outils d’étude existants. Trop souvent, ils se contentent de fournir des réponses plutôt que d’aider les étudiant(e)s à comprendre leurs erreurs et à cibler les notions qu’ils maîtrisent moins.
« Je naviguais entre ChatGPT et Adobe Acrobat et je voyais qu’il y avait un fossé entre les deux. J’étais convaincu qu’il existait une meilleure façon de capitaliser l’information pour un étudiant. »
C’est de cette réflexion qu’est née Graspr, une plateforme propulsée par l’intelligence artificielle qui aide les étudiant(e)s universitaires à apprendre plus efficacement, sans faire le travail à leur place. Comment? En téléversant leurs notes de cours afin de générer des questionnaires à choix multiples personnalisés. Chaque réponse est reliée directement au passage précis où se trouve l’information dans le document d’origine, ce qui leur évite de chercher pendant de longues minutes au milieu de centaines de pages de notes. L’outil peut également produire des résumés, des explications adaptées et des visuels afin de favoriser une compréhension durable.
L’objectif n’est pas simplement de fournir une réponse, mais d’en expliquer le raisonnement. « Le futur, c’est d’identifier les faiblesses, de repérer le concept qui n’a pas été compris, de le réexpliquer, puis de revenir à la question », précise le fondateur de Graspr.
La plateforme a d’abord été développée pour répondre aux besoins des étudiant(e)s en médecine, avant de s’étendre progressivement à d’autres disciplines, notamment le droit, les mathématiques et les sciences. À plus long terme, l’entrepreneur souhaite également adapter cette approche au monde professionnel afin d’aider les organisations à mieux transmettre leurs connaissances et à valoriser l’information qu’elles possèdent déjà.
Au cœur du projet se trouve toutefois une ambition plus large que le simple gain de temps. « Ma mission, c’est d’aider un maximum d’étudiants à apprendre plus vite, mais aussi à long terme, de réduire les inégalités d’accès à des ressources de pointe pour apprendre. »
Pour Yann Saah, un tutorat personnalisé ne devrait pas être réservé aux mieux nantis ou à l’élite. Il voit dans l’intelligence artificielle une occasion de rendre cet accompagnement plus accessible, partout dans le monde.
« Un étudiant en Afrique n’a pas nécessairement le privilège d’avoir un tuteur personnalisé à moindre coût. Mais aujourd’hui, je crois qu’avec l’intelligence artificielle, on a l’opportunité de résoudre ce problème. »
L’intérêt pour Graspr témoigne du potentiel de cette vision. Lancée en février 2025, la startup compte déjà 120 000 utilisateurs et utilisatrices. Entièrement autofinancée, elle a remporté plusieurs distinctions entrepreneuriales, notamment à l’Université de Montréal, au concours annuel Black Entrepreneurship, à Toronto et comme finaliste à Forces AVENIR. Aujourd’hui, Yann Saah poursuit cette aventure au sein de la cohorte 2026 de l’accélérateur Terrox de Laval économique.
Ce choix de développer l’entreprise sans investisseurs fait aussi partie de sa philosophie entrepreneuriale. « L’absence de ressources m’a obligé à être plus ingénieux. C’est aussi ce qui m’a permis de bâtir une entreprise indépendante. » Aujourd’hui, cette indépendance lui permet de poursuivre une ambition qui guide chacune des évolutions de l’entreprise : mettre l’intelligence artificielle au service de l’apprentissage plutôt qu’au service de la facilité.
Et le nom? Il est à l’image de son fondateur : ingénieux. Inspiré du verbe anglais to grasp, qui évoque l’idée de « saisir un concept », il résume bien la philosophie de Graspr : comprendre avant de mémoriser. Le nom de domaine souhaité étant proposé à près de 300 000 $, Yann Saah a simplement ajouté un « r ». Une contrainte transformée en occasion de créer un nom unique.
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Cédric Bourdelais
Coordonnateur accélérateur d’opportunités – Terrox
263 993-8705
c.bourdelais@laval.ca
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